Abaddon Incarnate - "Nadir"
Ireland - 2002 - Sentinel Records - 43'45
1. I Will Nail You In - 1'44
2. False - 1'27
3. They Use Dark Forces - 1'14
4. Unclean - 2'33
5. Aeons Of Our Dying - 2'56
6. Throne Of The Whore - 2'06
7. Funeral Procession - 1'55
8. Traumatic Stress Solution - 2'10
9. Hunger Allowed No Choice - 1'43
10. Transgressor - 1'01
11. Victory Or Annihilation - 1'15
12. Scene Of The Crime - 2'00
13. Progeny - 2'21
14. Where's My Axe - 1'13
15. Come Onto Me - 3'05
16. She Hates With A Marble Heart - 1'24
17. Seditious Thoughts - Part 1 - 1'43
18. Seditious Thoughts - Part 2 - 1'57
19. Judgement Was Passed Before I Was Born - 1'20
20. Hamunaptra (City Of The Dead) - 2'13
21. Bonebag - 1'24
22. ...And Then The World Bleeds - 1'18
23. Pogrom - 2'05
24. Rot - 1'34

Line-up :
Steve Maher : vocals & guitars
Bill Whealen : guitars
Cory Sloan : bass
Olan Parkinson : drums

Après plus de 10 d'existence, un changement de patronyme (le groupe a été créé en 1989 sous le nom de BEREAVED), quelques démos et un premier album "The Last Supper" en 1999 ( ! ) chez Season Of Mist, ABADDON INCARNATE revient avec ce "Nadir" qui fait mal aux oreilles. Pour cet album, le groupe est de retour au bercail avec une signature sur un jeune label irlandais, Sentinel Records, le travail de Season Of Mist laissant sensiblement à désirer...
Sur le plan musical, ABADDON INCARNATE nous délivre, et je dirais même nous martèle, un Death/Grind (vu le nombre de morceau et leur durée, on se doute que ce ne sont pas des experts es Doom) assez intéressant et original (oui, ça se peut monsieur) pour nous garder en haleine pendant près de 45 minutes. Au menu, on retrouve ce qui la part belle à ces deux styles, à savoir, de grosses rythmiques plombées, sur un tempo généralement très rapide, laissant transparaître quand même de fréquents passages plus lourds, presque atmosphériques et affriolants. On y retrouve des riffs vigoureux avec certaines fois des accords dissonants qui sonnent à ravir. On sent que, à la différence de beaucoup de leurs collègues de style, il y a eu un vrai travail de recherche musicale. Pour la sulfateuse, pardonnez-moi la plaisanterie de mauvais goût (facile, je l'avoues), mais le batteur en question a un nom qui lui va à ravir. Il n'a peut-être pas besoin de trembler pour arriver à faire ce qu'il fait mais en tout cas, c'est charmant hehe. Ça blaste à tout va mais son jeu se diversifie quand même beaucoup et il meuble très bien les passages lourds.
Mais ce qui est le plus surprenant, en plus de qualité des morceaux, variés et accrocheurs, c'est la puissance de la production qui met en avant tous les instruments à leur juste valeur. On distingue chaque partie comme il se doit, sauf peut-être la basse, car dans un tel déluge de décibel, il est assez difficile pour elle de se démarquer, mais on sent sa présence. Le son de chaque instrument colle à merveille à cette submersion sonore, puissant et clair. C'est également généralement ce qui fait défaut à des groupes de ce style.
Côté chant, on le trouve bien évidemment "growlé" avec parfois quelques cris assez Black Metal dans l'esprit. Je ne peux pas dire que j'en sois particulièrement fan car, à mon goût, il manque de puissance et de netteté, il mériterait d'être plus travaillé et poussé. De plus, n'étant pas un expert du langage des bêtes, je ne saurais trop vous parler du côté conceptuel d'ABADDON INCARNATE (si concept il y a) et encore moins du rapport entre le nom de l'album (le nadir étant le point le plus bas atteint par le soleil pendant la journée, l'opposée du zénith) et le contenu même de celui-ci. Mais sans trop m'avancer, je doute que ça ne cause de jolies fleurs et de papillons... remarque, ÇA, ça serait vraiment original :).
Il est étonnant de voir que le morceau qui a le plus retenu mon attention est un instrumental lent ("Progeny"), mais ça ne veut pas dire que le reste est à jeter, au contraire :).

ABADDON INCARNATE est un groupe intéressant et à découvrir. A conseiller pour les plus brutaux d'entre vous. Faites attention, les Irish nous guettent...

Ben : 75% (Décembre 2002)



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