Carnival In Coal - "Vivalavida"
France - 1999 - War On Major Records - 48'32

1. In Darkness Dwells Vice
2. Entrez Le Carnaval
3. Urine Facewash
4. Got Raped
5. Yeah, Oystaz
6. Narrow Minded Sexist Pig
7. A Swedish Winter Tale
8. She Male Whoregasm
9. XXX Dog Petting
10. Dressed Like Pazuzu
11. Turn Everything Upside Down Twice

Line-up :
Arno Strobl (Alan Thursday Morning) : the whole stuff (but music)
Axel Wursthorn (Karl Zengerls) : everything (but vocals)

C'est en 1995 que les deux musiciens à la fois français et éclectiques que sont Messieurs Strobl et Wursthorn décident de former le projet incongru et déjanté répondant au doux nom de CARNIVAL IN COAL. Après une démo "Skramik" plaçant le duo sous le feu des projecteurs grâce à un bon accueil de la presse et un titre présent sur le sampler vendu avec un magazine spécialisé et établissant (malheureusement ?) CARNIVAL IN COAL comme le groupe de deux rigolos de services, déboule donc le premier véritable opus de la formation, "Vivalvida", déversant aux oreilles prêtes à l'entendre, une véritable bombe d'innovation musicale et d'humour à l'attention des Metalheads les plus ouverts d'esprits. Innovation est peut-être un bien grand mot parce que CARNIVAL IN COAL n'invente rien : il mélange. Mixer une pure furie Grindcore à un Beat dansant tout droit sorti de la Disco ou de la musique noire américaine des années 70 ne semble pas être un mariage improbable pour Strobl et Wursthorn. Les expérimentations et incongruités en tous genres fusent sans cesse tout au long d'un album brutal, Funky et surtout fou furieux : bidouillages électroniques, passages éthérés et planants, riffs syncopés, harmonies de guitares, effets de voix étranges, et bien d'autres choses encore. Il est d'ailleurs quasi-impossible de lister exhaustivement les très nombreuses étrangetés qui parsèment le disque en long, en large et en travers. On retrouve dans la musique de CARNIVAL IN COAL une multitude d'influences que le groupe n'hésite pas à citer sur le livret de "Vivalavida", parmi lesquels on peut voir figurer des artistes tels que Mike Patton, Devin Townsend, Dan Swanö, Ihsahn, Franck Zappa ou encore Mr Bungle. Les deux derniers sont de toute évidence les musiciens ayant eu le plus d'influence sur la musique des deux Amiénois de par leur propension à rapprocher les opposés, à tenter d'apporter un peu de fraîcheur à une variété musicale trop stagnante à leur goût et surtout à manier l'humour de si belle façon. Cet humour est omniprésent dans la musique et les textes de CARNIVAL IN COAL. De nombreuses facéties sont disséminées au cours de l'album et feront rire aux éclats les auditeurs attentifs (je peux citer pêle-mêle ce break de "Narrow Minded Sexist Pig" durant lequel un professeur d'université explique à ses étudiants que le Metal est une musique d'homme et que les femmes ne sont sur terre que pour les tâches bassement ménagères et les films pornographiques, l'excellente outro du succulent "Yeah, Oystaz" durant laquelle Strobl explique les malheureux déboires du groupe à la mer, les bégaiements pathétique d'un chanteur sur "XXX Dog Petting", ou encore les divers bruitages parsemants "Urine Facewash"). Les textes sont très drôles eux aussi, maniant l'humour noir et caustique à merveille et permettant au génial Arno Strobl de développer un panel très impressionnant de voix. S'époumonant au chant Death ou Black avec le même brio que des voix claires de toutes sortes, le gaillard est proprement impressionnant de maîtrise et regorge d'excellentes idées que sa technique permet d'exploiter au mieux. "Vivalavida" constitue donc un premier album très réussi que les amateurs de musiques barrées et expérimentales sauront à coup sûr apprécier, à condition que l'humour en musique ne les rebute pas. Le reproche que je peux formuler à l'écart d'un disque au contenu artistique à la personnalité déjà bien affirmée est au niveau de la production. Le groupe s'est donné les moyens d'enregistrer de très bonnes conditions mais le résultat est assez synthétique, notamment le son de la boîte à rythme (très bien programmée au demeurant), les claviers et les quelques tentatives d'imitations de cuivres. Outre cette coquetterie, "Vivalavida" reste l'un des disques francophones de Metal marquants de ces dernières années, parce que fou et inattendu.

Huggy : 90% (Octobre 2002)



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