Diabolical Masquerade - "Ravendusk In My Heart"
Sweden - 1995 - Adipocere Records - 42'23

1. The Castle Of Blackheim
2. Blackheims Quest To Bring Back The Stolen Autumn
3. Beyond The Spiritual Moon
4. The Sphere In Blackheims Shrine
5. Under The Banner Of The Sentinel
6. Blackheims Forest Kept The Seasons Forever
7. The Darkblue Seajourneys Of The Sentinel
8. Blackheims Hunt For Nocturnal Grace
9. Ravendusk In My Heart

Line-up :
Blackheim : vocals, guitars, bass, drums & keyboards
Additional Musicians :
Dan Swanö : Heavy Metal vocals on #5

Anders Nyström - plus connu sous le nom de Blackheim pour sa participation dans divers groupes (citons son passage éclair dans BEWITCHED et sa collaboration avec Messieurs Swanö et Akerfeldt dans BLOODBATH) mais surtout pour être le leader du cultissime et excellent KATATONIA - est un musicien on ne peut plus prolifique dont l'inspiration est multiple et variée. A ce titre, le projet solo que constitue ce premier album de DIABOLICAL MASQUERADE est l'occasion pour le personnage d'exploiter des compositions inutilisées jusqu'alors car jurant trop avec son répertoire habituel au sein de KATATONIA. C'est en effet à un hybride de Heavy Metal et de Black Metal que Blackheim nous soumet, dont la grande particularité est d'explorer des sentiers encore peu foulés en cette année 1995. Et pour être un projet individuel, c'en est un ! Blackheim se charge d'absolument de tous les instruments et des vocalises, à l'exception de quelques lignes de chant clair posées par Dan Swanö, friand d'explorations musicales extra EDGE OF SANITY, sur le très Heavy "Under The Banner Of The Sentinel", et assurant également la production du disque. Il est cependant fort peu probable que la parole de Blackheim ne puisse être mise en doute quant à sa prétendue interprétation des parties de batteries, le son et le jeu étant bien trop clinique - trop rapide parfois - pour faire illusion, surtout quand on connaît le travail habituel fournis aux Unisound Studio par M. Swanö (qui traîne pourtant l'horrible défaut de surmixer les parties de double grosse caisse mais je lui pardonne). Musicalement et textuellement, DIABOLICAL MASQUERADE pourrait être considéré comme un projet "vampirique" dont l'approche est très éloignée des groupes œuvrant habituellement dans ce registre. On peut en effet déceler une certaine dose d'humour dans ce "Ravendusk In My Heart". Du moins je le souhaite, car l'humour sauve à coup sûr du ridicule. De mon point de vue, les titres eux-mêmes sont sans équivoque quant au sérieux de l'affaire, notamment lorsque Blackheim se met lui-même en scène ("Blackheims Quest To Bring Back The Stolen Autumn", "Blackheims Forest Kept The Seasons Forever", "Blackheims Hunt For Nocturnal Grace",…), ou encore dans certaines exagérations musicales (le chant hyper aiguë de Swanö sur "Under The Banner Of The Sentinel", le hurlement interminable à la fin de "The Sphere In Blackheims Shrine", …). Le Line-up inscrit sur le livret de l'album intègre même "Les Esprits" comme membres du groupe ! Attention, l'album est pourtant bien loin d'être une bouffonnerie ou une parodie. "Ravendusk In My Heart" reste un album très noir. Composé de riffs rapides et épurés issus du Black, rythmiques en palm-muting enfantées par le Heavy, batterie - ou plutôt boîte à rythme - changeant de tempo aussi souvent que possible, voix Black complètement écorchées, claviers morbides - peu présents cependant - le disque tente d'explorer la mélodie et une technique musicale un peu moins sommaire que celle de beaucoup de groupes de Black proches des racines de l'époque - EMPEROR excepté. Difficile à décrire, la musique de DIABOLICAL MASQUERADE ne s'adresse pourtant ni aux fans de Black purs et durs, encore moins aux fans de Heavy, mais plutôt à des gens avides de sensations un peu différentes et aux curieux. Pourtant, malgré l'effort et la personnalité certaine du projet, les morceaux ne sont pas toujours à la hauteur de l'ambition de son créateur, et bien que l'album fourmille de bonnes idées et de passages proprement fantastiques, une certaine lassitude s'installe une fois l'effet de surprise passé. Certains passages uniquement Black sont assez rébarbatifs et beaucoup trop long pour ne pas plonger l'auditeur dans l'ennui. Quel dommage qu'il n'y ait pas plus d'interludes dans le style de l'excellent arpège que constitue "Beyond The Spiritual Moon", morbide à souhait et rafraîchissant au milieu de ce défouloir décibélique. Il faudra donc attendre les prochaines productions du Suédois pour voir enfin se révéler tout le potentiel de DIABOLICAL MASQUERADE.

Huggy : 70% (Septembre 2002)



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