Empyrium - "Weiland"
Germany - 2002 - Prophecy Productions - 50'16
---Kapitel I : Heidestimmung---
1. Kein Hirtenfeuer Glimmt Mehr - 2'36
2. Heimwärts - 6'48
3. Nebel - 2'17
4. Fortgang - 7'08
5. A Cappella - 0'50
6. Nachhall - 1'21
---Kapitel II : Waldpoesie---
7. Waldpoesie - 13'48
---Kapitel III : Wassergeister---
8. Die Schwäne Im Schilf - 5'48
9. Am Wasserfall - 01'48
10. Fossegrim - 3'34
11. Der Nir - 2'47
12. Das Blau-Kristallne Kämmerlein - 1'29

Line-up :
Schwadorf : vocals, guitars, bass, mellotron & drums
Helm : vocals & piano
Additional Musicians :
Nadine Mölter : flute
Suzanne Salomon : violins
Julia Hecht : cello
Herrn Horst Faust : oboe

Et bien nous-y voilà, l'attente d'une nouvelle œuvre d'EMPYRIUM a enfin coupé court. Ces 3 longues années (dire qu'elles furent trop longues ne serait que pur euphémisme) ont permis à ces prodiges de la mélodie de nous concocter un album encore plus riche et plus novateur que ce qu'ils ont pu nous offrir auparavant. Leur passage éclair il y a peu avec le 45 Tours "Auszüge Aus Weiland" nous présageait que du bonheur pour ce qui allait être l'entité "Weiland" dans son ensemble. Il faut dire qu'ils ont réussi leur coup en nous faisant patienter un sacré bout de temps. Ils ont récompensé cette attente par une œuvre qui honore vraiment l'appellation que l'on peut donner à telles… "choses".
Pour le contenu, le 45 Tours nous montrait déjà bien la plupart des facettes que "Weiland" allait nous exposer. Le sens de la mélodie reste globalement le même que par le passé. On trouve beaucoup de duos de guitares qui se complètent à merveille. Une sorte de chœurs nylonesques avec personnes pour les parasiter, juste eux et rien d'autre… On retrouve également avec joie la flûte de Nadine qui donne un ton angélique et envoûtant aux passages concernés. Quel bonheur de percevoir à nouveau la délicatesse de ses parties chatoyantes, suaves et charmantes.
Par contre les éléments nouveaux, comme énoncé dans la précédente chronique, on en trouve à la pelle. Entre le retour de la batterie, l'apparition de très soyeux arrangements pour cordes, l'utilisation du piano à bon escient, les progrès vocaux et ses extrapolations, on se sait plus vraiment trop ou regarder.
Je m'explique, dans un premier temps, la batterie est donc revenue, d'une part pour soutenir les parties les plus folkloriques et d'autres parts pour en amplifier le côté justement. Ce n'est pas du Mike Portnoy mais on s'en fout, ce n'est pas ce qu'on veut, c'est sobre et efficace. Ça donne un côté martial et martelé aux compositions qui en contiennent. Elle n'est pas présente constamment mais c'est tant mieux, je pense qu'elle n'a pas sa place partout et qu'elle pourrait, sur certains passages, ternir cette image de douceur si chère à la musique d'EMPYRIUM. On peut encore y trouver une touche Metal dans le jeu et le feeling.
Les cordes, quant à elles, constituent en tout point le changement moteur de cette EMPYRIUM cuvée 2002. Leurs parties à la fois belles, douces et enivrantes donnent un côté encore plus mélancolique et sinistre à l'album.
Le piano, lui, est beaucoup présent, surtout sur la fin de l'album, et donne lui aussi sa touche lugubre et malsaine mais, à l'instar des cordes, il a une place plus dominatrice, plus affirmé, un peu comme les guitares. D'ailleurs, c'est très souvent qu'il remplace ces dernières pour devenir l'instrument principal, l'élément central. Les duos piano / cordes sont d'ailleurs sublimement inspirés et rayonnent d'un pur éclat. Une sorte de merveille très prisée.
Enfin, pour le chant, je ne sais que dire, avant on pouvait dire que Schwadorf (Markus) chantait très bien, maintenant, on peut dire qu'il tue définitivement tout. Je n'ai pas compté le nombre de chants différents qu'il pratique sur l'album mais il sait diversifier l'utilisation de ses cordes vocales à tout va et c'est tout bonnement génial. Entre des parties parlées ou murmurées, d'autre plus lyriques presque pleurnichardes et d'autres encore très Black (quand il y a de la batterie, ça donnerait presque du Black Metal acoustique, marrant comme étiquette hehe), la lassitude n'a pas lieu d'être ici.
EMPYRIUM, comme à chaque album, surprend, charme et enfin conquiert. Ce quatrième album hisse le groupe au sommet de son art et la suite sera rude s'ils veulent se surpasser (qui ne le veut pas)…
P.S. : à noter la superbe édition limitée triple digipack avec 1 CD pour chaque chapitre (Kapitel), une très belle pièce.

Ben : 95% (Juillet 2002)



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