Empyrium - "Where At Night The Wood Grouse Plays"
Germany - 1999 - Prophecy Productions - 32'23
1. Where At Night The Wood Grouse Plays - 5'34
2. Dying Brokenhearted - 5'38
3. The Shepherd And The Maiden Ghost - 3'26
4. The Sad Song Of The Wind - 2'56
5. Wehmut - 3'03
6. A Pastoral Theme - 1'59
7. Abendrot - 2'09
8. Many Moons Ago... - 4'24
9. When Shadows Grow Longer '99 - 3'14

Line-up :
Ulf Theodor Schwadorf : vocals, guitars & drums
Andreas Bach : guitars
Nadine : flute

Avec ce troisième album, EMPYRIUM sonne le glas pour nous proposer une toute nouvelle direction musicale, qui, en fait, n'est pas si éloignée de ça de la précédente. Pour décrire, vous prenez les éléments utilisés avant, vous y enlevez tous les passages électriques et vous obtenez ce qu'EMPYRIUM a pu faire de plus beau à ce jour, à savoir, une musique douce, toute acoustique et transcendante.
Un peu à la manière d'ULVER avec son album "Kveldssanger" (1995 - Head Not Found), le groupe veut toujours autant se démarquer d'une musique surfaite, en y incorporant tout ce qui peut l'enrichir mais en restant toutes fois dans un esprit de totale désinvolture. On croirait entendre de savoureuses confessions, d'honorables complaintes, tergiversant sur différentes légendes et autres mythes anciens. Très folklorique dans l'âme, la musique de "Where At Night The Wood Grouse Plays" s'inscrit dans une lignée vraiment décalée. Ce n'est pas avec un tel album que le groupe gagnera en notoriété métallique, mais est-ce vraiment l'objectif ? Assurément non, d'ailleurs, le groupe n'a de Metal que l'esprit malsain et assez déprimant qui en ressort, mais la musique est décidément tout autre. EMPYRIUM devrait pouvoir élargir son public vers de nombreux néophytes ou encore d'autres qui ne connaissent ou même qui n'aiment absolument pas le Metal. Une telle sérénade pourrait se voir être utilisée comme bande son à un film fantastique et médiéval, mais néanmoins intimiste (pas de grands renforts d'effets pompeux), que ça lui irait vraiment très bien. Une très longue balade dans les montagnes, dans des forêts sombres, à travers laquelle, on n'observerait qu'un très lointain feu, seul signe de vie parmi toute cette immensité obscure et froide.
Voilà ce qu'on pourrait retenir de l'atmosphère générale, ce qui en ferait facilement le fil directeur et le point d'orgue. Et pourtant, cette musique très ostentatoire n'en reste pas moins très minimaliste : 1 voix, parfois doublée (il est à noter que le vocaliste en question a fait énormément de progrès ; sa voix, qui était déjà très belle a beaucoup gagné en diversité et en puissance, notamment avec de nouvelles parties aiguës), 2 guitares (toutes acoustiques bien sur, qui se lient l'une à l'autre de plus belle, en nous servant de très gracieuses mélodies sur un lit totalement galvanisant), 1 flûte (des plus enchanteresses et des plus enivrantes), quelques roulements de caisses claires (notamment sur le morceau éponyme "Where At Night The Wood Grouse Plays") et le tour est jouée. A croire qu'il ne suffit pas d'avoir beaucoup de moyens pour composer une musique riche et forte. Il faut, avant tout, énormément de talent, de créativité et de volonté de proposer quelque chose de neuf et d'original.
A noter que l'album s'achève avec une nouvelle version, plus longue, du premier morceau de "Songs Of Moor & Misty Fields" : "When Shadows Grow Longer", plus authentique, avec des chœurs de voix totalement magnifiques.
EMPYRIUM a su faire évoluer son âme et son esprit tout en gardant ses racines propres et en laissant le côté un peu rébarbatif qui pouvait être présent de temps en temps par le passé. Dommage pour la longueur, on reste un peu sur notre faim…

Ben : 90% (Mai 2002)



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